Bien-être

Le café une boisson bonne pour la santé ?

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Il est devenu un fait solidement établi parmi les cercles de médecine alternative que le café, au même titre que l'alcool, le sucre et les épices fortes, est à proscrire si l'on veut conserver une santé intacte. Les recherches récentes semblent cependant démontrer le contraire. Et c'est tant mieux puisque même si l'on aime la caroube ou le kombucha, ces deux dernières boissons sont encore loin de supplanter le café au le petit-déjeuner de la nation.

Des effets bénéfiques sur la santé

La plupart des utilisateurs de café peuvent remarquer, suite à son ingestion, une amélioration de la concentration et une plus grande énergie (effet « réveil-matin »). Mais il semblerait que ses effets positifs sur la santé soient confirmées par plusieurs données scientifiques.

Le Dr. Esther Lopez-Garcia, professeur de médecine préventive à l'Université Autonome de Madrid, et son équipe de chercheurs ont observé que les femmes prenant deux à trois tasses de café contenant de la caféine chaque jour présentaient un risque de décéder d'une attaque cardiaque réduit de 25% et une espérance de vie accrue de 18% par rapport aux femmes n'en buvant pas. De plus, le Dr Lopez-Garcia estime que boire du café constitue une prévention du diabète de type 2 et de certains cancers, tout en réduisant le risque d'accident cardio-vasculaire. L'effet positif du café sur le diabète de type 2 a été confirmé par une étude menée pendant 12 ans en Finlande (population qui consomme le plus de café sur la planète) où plus la consommation de café chez un individu est importante, moins le risque de développer le diabète de type 2 est élevé. De plus, il est maintenant reconnu que le café contient de nombreux antioxydants qui permettent de combattre les radicaux libres, ce qui expliquerait son action préventive pour certains cancers.

Bien sûr, pour le Dr Lopez-Garcia, ces statistiques concernent des personnes en bonne santé et il est souhaitable de demander un avis médical avant de se mettre à consommer du café puisque la caféine entraîne une élévation momentanée de la tension artérielle.

Le café a toujours fait partie de l'alimentation de certains peuples depuis des millénaires et nous pouvons suivre leur exemple. Il convient que le café provienne de source exclusivement biologique. Le mieux est d'acheter le café en grains, de le mettre au congélateur et de le moudre soi-même au fur et à mesure de l'utilisation. Pour sucrer le café, le mieux est d'éviter le sucre de canne, préférez le miel ou une plante connue sous le nom de stevia. Enfin, puisque la nature a créé le café ainsi, c'est que son intention était que nous le buvions tel quel, avec la caféine.

Pour terminer, voici un extrait du traité sur le café par Honoré de Balzac :

« 1. Le café concassé à la turque a plus de saveur que le café moulu dans un moulin.

Dans beaucoup de choses mécaniques relatives à l'exploitation des jouissances, les Orientaux l'emportent de beaucoup sur les Européens : leur génie, observateur à la manière des crapauds, qui demeurent des années entières dans leurs trous en tenant leurs yeux d'or ouverts sur la nature comme deux soleils, leur a révélé par le fait ce que la science nous démontre par l'analyse. Le principe délétère du café est le tannin, substance maligne que les chimistes n'ont pas encore assez étudiée. Quand les membranes de l'estomac sont tannées ou quand l'action du tannin particulier au café les a hébétées par un usage trop fréquent, elles se refusent aux contractions violentes que les travailleurs recherchent. De là, des désordres graves si l'amateur continue. Il y a un homme à Londres que l'usage immodéré du café a tordu comme ces vieux goutteux noués. J'ai connu un graveur de Paris qui a été cinq ans à se guérir de l'état où l'avait mis son amour pour le café. Enfin, dernièrement, un artiste, Chenavard, est mort brûlé. Il entrait dans un café comme un ouvrier entre au cabaret, à tout moment. Les amateurs procèdent comme dans toutes les passions ; ils vont d'un degré à l'autre, et, comme chez Nicolet, de plus en plus fort jusqu'à l'abus. En concassant le café, vous le pulvérisez en molécules de formes bizarres qui retiennent le tannin et dégagent seulement l'arôme. Voilà pourquoi les Italiens, les Vénitiens, les Grecs et les Turcs peuvent boire incessamment sans danger, du café que les Français traitent de cafiot, mot de mépris. Voltaire prenait de ce café-là.

Retenez donc ceci. Le café a deux éléments : l'un, la matière extractive, que l'eau chaude ou froide dissout, et dissout vite, lequel est le conducteur de l'arôme ; l'autre, qui est le tannin, résiste davantage à l'eau, et n'abandonne le tissu aréolaire qu'avec lenteur et peine. D'où cet axiome :

LAISSER L'EAU BOUILLANTE, SURTOUT LONGTEMPS, EN CONTACT AVEC LE CAFE, EST UNE HERESIE ; LE PREPARER AVEC DE L'EAU DE MARC, C'EST SOUMETTRE SON ESTOMAC ET SES ORGANES AU TANNAGE.

2. En supposant le café traité par l'immortelle cafetière à la de Belloy et non pas du Belloy (celui aux méditations de qui nous devons cette méthode étant le cousin du cardinal, et, comme lui, de la famille très ancienne et très illustre des marquis de Belloy), le café a plus de vertu par l'infusion à froid que par l'infusion d'eau bouillante ; ce qui est une seconde manière de graduer ses effets.

En moulant le café, vous dégagez à la fois l'arôme et le tannin, vous flattez le goût et vous stimulez les plexus, qui réagissent sur les mille capsules du cerveau. Ainsi, voici deux degrés : le café concassé à la turque, le café moulu.

3. De la quantité de café mis dans le récipient supérieur, du plus ou moins d'eau, dépend la force du café ; ce qui constitue la troisième manière de traiter le café».

(source : bibliothèque municipale de Lisieux, www.bmlisieux.com)

 

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